
La Banque du Canada vient tout juste d’annoncer qu’elle maintient son taux directeur inchangé jusqu’à sa prochaine réévaluation. Plusieurs se demandent : pourquoi le prix des maisons, lui, reste le même?
À première vue, cela peut en effet sembler contradictoire.
Pourtant, le taux directeur et le prix des propriétés sont deux éléments bien différents! Ils sont liés, certes, mais l’un ne détermine pas l’autre.
Le taux directeur influence surtout les emprunts
La première chose à comprendre est que le taux directeur agit principalement sur le coût de l’emprunt.
Lorsque le taux directeur descend, les institutions financières prêteuses ajustent généralement leur taux hypothécaire à la baisse, et davantage de personnes ont le budget nécessaire à l’achat immobilier.
Et c’est ici qu’on peut voir une petite influence du taux directeur : lorsqu’il y a davantage d’acheteurs sur le marché qui convoitent les mêmes propriétés (par exemple, dans un quartier populaire), le prix de vente de celles-ci peut monter en raison des offres multiples.
À l’inverse, lorsque le taux directeur augmente, et du même coup le taux d’intérêt hypothécaire, cela réduit le pouvoir d’achat de plusieurs ménages. Certains propriétaires pressés de vendre choisissent alors de baisser le prix de vente de leur propriété afin d’attirer des acheteurs. Mais encore là, il est plutôt rare de voir des baisses importantes dans le monde de l’immobilier.
Dans tous les cas, un taux directeur bas ne signifie pas que les vendeurs doivent réduire leur prix.
Les facteurs qui expliquent les prix
Quelques éléments exercent une influence importante sur la valeur des propriétés, notamment :
- L’offre et la demande : comme expliqué plus tôt, lorsqu’un grand nombre d’acheteurs convoitent un nombre limité de maisons, les prix demeurent élevés, peu importe que le taux directeur soit stable ou plus bas. Au contraire, une baisse des prix peut survenir lorsque les propriétés sont nombreuses sur le marché et qu’il y a moins d’acheteurs.
- Une croissance démographique soutenue, qui augmente la demande de logements.
- Des coûts de construction élevés, tant pour les matériaux que pour la main-d’œuvre. Par exemple, en lien avec l’inflation que nous avons connue dans les dernières années.
- Le prix des terrains, qui continue d’augmenter dans plusieurs secteurs recherchés.
- Des propriétaires qui préfèrent attendre avant de vendre, limitant ainsi l’offre disponible.
Même si les taux hypothécaires deviennent un peu plus avantageux, ces réalités continuent d’exercer une pression à la hausse sur les prix.
Stabilité des taux = une bonne nouvelle?
Un taux directeur stable est souvent perçu comme une bonne nouvelle pour le marché immobilier.
Après plusieurs mois d’incertitude, de nombreux acheteurs potentiels qui avaient mis leur projet sur pause décident finalement de passer à l’action. Ils ne veulent plus attendre indéfiniment une baisse des taux qui pourrait être modeste ou prendre plus de temps que prévu.
Résultat : davantage d’acheteurs visitent les propriétés sur le marché.
Dans un marché où l’inventaire demeure limité, cette hausse de la demande peut contribuer à maintenir les prix élevés… ou même à les faire grimper. Mais dans un marché où le nombre de propriétés prisées est suffisant, la stabilité des taux est positive pour les deux camps (acheteur et vendeur).
Il faut voir plus loin que le taux directeur
En immobilier, il n’existe pas une seule variable qui explique l’évolution des prix. C’est l’ensemble de ces facteurs qui façonne le marché au fil du temps.
Pour les acheteurs, la meilleure approche consiste donc à évaluer leur situation financière, leurs besoins et les conditions du marché. Pour les guider dans cette décision importante, ils peuvent compter sur l’aide d’un courtier immobilier.
